Monsieur le Premier Ministre du Québec,

J’aimerais vous faire part de ma profonde déception à l’égard de la position de votre gouvernement, lequel est intervenu lors de l’appel entendu devant la Cour suprême du Canada le 21 janvier 2015 dans l’affaire Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure  générale du territoire du Yukon.

Le Québec a indiqué son opposition à toute interprétation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés, interprétation qui aurait comme conséquence d’élargir le pouvoir de gestion et de contrôle des représentants de la minorité anglophone. Par ailleurs,  je suis convaincue que si cette position est retenue, il y aura des conséquences négatives au niveau de la protection de la langue française et de l’organisation du réseau scolaire des communautés francophones en situation minoritaire à travers le Canada.

Étant très consciente des enjeux linguistiques auxquels est confronté le Québec, je suis d’avis que pour cette affaire en particulier, votre gouvernement aurait pu prendre position en faveur des francophones hors Québec. Élargir les droits d’accès à l’éducation en français grâce à une interprétation plus généreuse de l’article 23 de la Charte des droits et libertés est crucial et essentiel au développement de l’éducation en français pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire.

Nommée aux Prix Écrans canadiens pour son travail d’historienne dans le cadre d’un documentaire pour CBC, Juliette Champagne a prouvé que la cloche de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba n’était pas celle de Batoche.

« Pour les Métis, c’est un symbole de ce qu’ils ont perdu… De leur patrimoine ! », explique l’historienne franco-albertaine Juliette Champagne. Ce symbole, c’est la cloche de Batoche. Avant la diffusion sur CBC, en mars 2014, du documentaire The Mystery of the Bell, beaucoup pensaient encore que cette cloche avait été volée par des soldats à la fin du XIXe siècle, emmenée en Ontario, récupérée par un Métis des décennies plus tard et finalement rendue à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Cette cloche provient en fait de Frog Lake, celle de Batoche ayant presque entièrement fondue dans un incendie en 1990. Mais reprenons depuis le début…

Le parcours de la « vraie » cloche

« En 1879, Monseigneur Grandin était en France. Il a commandé une vingtaine de cloches pour ses missions [dans l’Ouest canadien] qui étaient à leurs balbutiements », débute Juliette Champagne.

En septembre 1884, une de ces cloches est consacrée en l’église Saint-Antoine-de-Padoue à Batoche, une communauté métisse au nord-est de Saskatoon. La cloche sera nommée Marie-Antoinette.

Au printemps 1885, le gouvernement canadien encourage l’arpentage de terres dans l’Ouest canadien, ce qui empiète sur les propriétés des Métis installée le long de la rivière Saskatchewan. Ceux de Batoche font appel à Louis Riel et prennent les armes.  Selon la légende, c’est à ce moment que les soldats canadiens auraient volé ladite cloche, après avoir maté la révolte.

Une contravention unilingue anglophone, à l’origine de la saga judiciaire de Gilles Caron, pourrait aujourd’hui changer l’histoire des minorités francophones du pays.

Après un parcours juridique qui a duré plus de 12 ans, la Cour suprême du Canada a entendu vendredi le 13 février les avocats des deux albertains Gilles Caron et Pierre Boutet qui ont contesté l’unilinguisme de contraventions reçues du gouvernement de l’Alberta. Plusieurs interventions par le biais de mémoires avaient également été reçues, dont celle de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Le président de l’ACFA, Jean Johnson (avec les avocats de Pierre Boutet sur la photo), qui était présent vendredi, ressort confiant et heureux de l’expérience : « Nos juristes nous ont très bien servis. Honnêtement, je n’avais pas beaucoup d’espoir mais après ce que j’ai vu, je pense qu’on peut obtenir gain de cause dans cette histoire. » Selon lui, les juges de la Cour suprême se sont montrés très réceptifs aux arguments des avocats de M. Caron et M. Boutet, Me Roger Lepage et Me Sébastien Grammond, et les relançaient avec beaucoup de questions.

Dans le cadre d’une visite à Winnipeg le 9 septembre, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada Chris Alexander s’est engagé à lancer des consultations au cours des prochains mois pour augmenter le nombre d’immigrants francophones en dehors du Québec. Seront consultés : des représentants des communautés francophones, des provinces et des territoires, des fournisseurs de services d’établissement, d’autres ministères et des employeurs.

« Nous continuerons à travailler avec nos partenaires afin d’attirer des immigrants d’expression française qui possèdent les compétences dont notre marché du travail et notre économie ont besoin », a précisé le ministre Alexander (en photo avec Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne).

La Cour fédérale du Canada a rendu lundi un jugement confirmant que Radio-Canada était assujettie à la Loi sur les langues officielles (notamment la partie VII). Elle a donc l'obligation de prendre des mesures pour « favoriser l’épanouissement » et « appuyer le développement » des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Le tribunal a contredit Radio-Canada qui estimait que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) était la seule institution ayant un droit de regard sur sa programmation.

En 2010, j’ai vécu à Caraquet, avec une cinquantaine de jeunes en provenance de différentes régions des Amériques une expérience extraordinaire dans le cadre du 2ème Forum des jeunes ambassadeurs de la Francophonie des Amériques (FJAFA) à Moncton. Cette année-là, j’ai pris connaissance de ce que c’est qu’un Congrès mondial acadien. Intérieurement, je me suis promis de le vivre. C’était un vœu. Puis je suis retourné vivre ma vie de jeune journaliste humanitaire qui sillonnait les camps de sinistrés du séisme de 2010 en Haïti et qui menait en même temps des études de communication à l’Université d’État d’Haïti. 

 

Quatre ans plus tard, le Centre de la Francophonie des Amériques m’offre la possibilité de vivre ce congrès en mettant mon expérience à la Radio Jeunesse des Amériques du 13 au 19 août. Enchantement, dévouement, exploration, retrouvailles sont les quelques mots qui ont fait tilt dans ma tête quand j’ai lu le courriel d’acceptation.

 

Mon CMA...c’est de l’enchantement. Enchanté d’être en Acadie des terres et des forêts, de vivre la fierté acadienne. L’histoire acadienne n’est pas analogue à celle de mon pays, Haïti. Les Acadiens sont majoritairement des descendants français. Les Haïtiens, pour la grande majorité des descendants africains.  

 

 

 

L’initiative du maire du Québec, Régis Labeaume a reçu l’appui de ceux de Lafayette, Joey Durel, et de Moncton, George LeBlanc. Plusieurs représentants de villes francophones en Acadie et en Nouvelle Angleterre se sont rencontrés dans le cadre du Congrès mondial acadien, le 16 aout, autour d’un projet de réseau de villes francophones et francophiles.

 

Au cours de cette réunion tenue à Grand Sault, au Nouveau Brunswick, l’instigateur du mouvement a donné une vue d’ensemble de la Francophonie nord-américaine et des bénéfices de développer un tel réseau. Il s’agit d’un suivi aux premières idées discutées auparavant par l’Association internationale des maires francophones (AIMF).

 

Pour Régis Labeaume, ce serait un moyen de faire connaître l’histoire des francophones mais aussi « mettre en commun notre patrimoine et nos expertises pour développer et dynamiser la connaissance du fait français sur notre continent et à travers le monde. » Son objectif est de réunir 150 communautés.

Le 5e Sommet des femmes dans le cadre du Congrès mondial acadien réunira du 17 au 19 août des participantes de l’ensemble du Canada. « Une activité incontournable », selon la présidente du Comité organisateur, Sylvie Morin du Nouveau-Brunswick. 

Nous sommes venus à Edmunston afin de découvrir la richesse culturelle de l’Acadie à travers plusieurs de ses manifestations. Mais dans l’Acadie des Terres et des Forêts, nous apprenons l’existence des « Brayons », des francophones également fiers de leur identité. 

 

Qui sont-ils ? Se reconnaissent-ils comme des Acadiens ? Afin de répondre à ces questions nous avons rencontré le 13 août l’animateur Éric Morneault, l’auteur et comédien Gabriel Robichaud et Natasha Moreau, porte-parole du Pavillon Multimédia de l’Université de Moncton à Edmunston.

POHÉNÉGAMOOK, Qc - L’école secondaire bourdonnait d’activités, le 12 août, lors de la première journée du Grand rassemblement jeunesse. Toute l’Atlantique y est représentée.

 

Le soleil se fait un peu désirer, mais la température demeure très agréable, peu après 14 h. À l’intérieur, deux douzaines de jeunes adultes assistent à un atelier sur la politique dans l’auditorium.

  

L’animatrice, une doctorante en science politique, les amène à réfléchir sur le pouvoir et sur ce qu’est l’Acadie. Sa présentation fait vraisemblablement mouche, puisque aucun jeune ne semble prêter attention à son téléphone. L’absence de service cellulaire dans ce local, situé au sous-sol, y est sans doute aussi pour quelque chose.

 


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