Cette semaine en était une de répit pour l’actualité franco-albertaine et dans les agendas de ceux qui se dévouent allègrement aux activités de la communauté. J’espère que vous avez pris tout le repos qu’il vous faut puisque les semaines qui viennent seront bien remplies d’adrénaline, de partage et de délires hivernaux. En une ligne je cite : la Classique Héritage, la Soirée de curling francophone, le Pentathlon de Jasper, l’Aventure du canoë volant et le Carnaval de Saint-Isidore, pour en omettre plusieurs, je suis certaine…

Ceci ne veut toutefois pas dire que les pages de votre journal hebdomadaire ne sont, cette semaine, que bonnes pour le foyer… Parfois, quand nous ne sommes pas de facto occupés par une multitude de nouvelles ou d’événements primordiaux pour notre francophonie, cela nous laisse le temps de réfléchir aux bonnes nouvelles. Les bonnes nouvelles qui ne sont pas flamboyantes mais qui dévoilent plutôt des idées brillantes… Il y en a trois dans le journal cette semaine. Mais c’est de leur thème sous-jacent dont je veux parler.

Quand j’ai hésité à mettre le « Je suis Charlie » noir sur blanc sur mon compte Instagram (je n’ai pas Facebook, ça faisait déjà ça de moins), c’est que je me demandais de un, si c’était approprié à l’utilisation que je faisais de ce réseau social, mais surtout, ce que cela voulait dire exactement. Pour ceci, j’ai laissé la parole à mes collègues journalistes et à mes compatriotes français, Anne-Florence et Arthur.

« Pour être honnête, je ne crois pas avoir jamais acheté Charlie Hebdo. Lu chez des potes, oui, mais jamais acheté en kiosque avec mes sous à moi. Certains dessins me faisaient rire, d’autres moins. Pas fan, par exemple, du fameux numéro Charia Hebdo paru en 2011. Pour autant, même si l’humour de Charb, Cabu et compagnie n’était pas toujours ma tasse de thé, aujourd’hui je sur Charlie. Pas besoin de lire un journal depuis 40 ans ou même de l’apprécier pour soutenir la liberté de la presse et le droit à la caricature, pour dénoncer la lâcheté et la bêtise crasse. »  (Arthur Bayon)

« Je me souviens des précédentes menaces et tentatives d’attentats sur Charlie Hebdo mais je ne m’étais jamais vraiment inquiétée. Nous sommes en France, comment quelqu’un pourrait-il tuer pour de simples dessins, aussi subversifs, provocateurs ou discutables soient-ils ? C’est ce que je pensais. Le 7 janvier 2015 a été un véritable choc. Ce n’est pas un 11 septembre 2001, c’est un 7 janvier 2015 et cette date restera gravée à jamais dans nos mémoires comme celle où notre rire, notre liberté et notre sécurité ont été bafoués. Mais nous Français, nous journalistes, nous policiers, nous musulmans, nous juifs, nous Charlie, nous continuerons de rire, d’écrire, de dessiner et de défendre nos libertés et nos valeurs. » (Anne-Florence Salvetti)

Si j’étais mère d’un enfant en âge d’être inscrit à la nouvelle école de Beaumont, ou de Camrose, je me serais posé une question lors de la réunion des parents sur la confessionnalité de l’école. Est-ce que l’école, étant catholique, pourrait refuser de former des alliances gais-hétéros dans l’école de mon enfant ? Est-ce que des précédents font qu’il y aurait de fortes chances que certaines écoles s’y opposent ?

La réponse bien sûr ne relève pas seulement du conseil scolaire. Le projet de loi 10 sur les alliances gais-hétéros est à l’heure actuelle dans la pile « pas pour tout de suite », car le premier ministre Prentice a dû faire face à des représailles de tous côtés, y compris de membres de son propre parti. L’ironie, c’est qu’il essayait, avec un projet de loi pratiquement et idéologiquement contradictoire, d’accommoder tant les droits des jeunes LGBTQ, que ceux des parents ainsi que l’autonomie des conseils scolaires, ne s’attirant au final que des ennuis. Selon l’éditorialiste Graham Thompson, on peut s’attendre à ce que ce projet de loi revienne sur la table à la session parlementaire du printemps.

En baisse : la probabilité qu’il y ait une école à Lloydminster l’année prochaine

Aux premiers échos de la possible fermeture de l’école Sans-Frontières à Lloydminster (ville à cheval sur l’Alberta et la Saskatchewan), je me suis dit qu’il devait s’agir d’un levier pour le Conseil scolaire fransaskois (CSF) afin d’obtenir l’argent qu’il estimait lui être dû auprès de l’Alberta. Il y a un peu de ça, du fait que même auprès de leurs électeurs lors de la réunion du 26 novembre, le directeur par intérim Donald Michaud (qui je le rappelle est également directeur de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta) n’a pas hésité à affirmer aux parents que l’Alberta leur « volait leurs ressources » (étant donné que le gouvernement albertain ne subventionne pas la totalité des services offerts à l’école Sans-Frontières). Heureusement, les parents, en êtres humains raisonnables, ne se sont pas jetés sur la solution « d’exclure les élèves franco-albertains de l’école », solution qui, je l’ai appris plus tard, avait été proposée par le conseil juridique du CSF.

La question d’éthique se pose tous les jours dans la vie du journaliste ou de l’éditeur en situation minoritaire. Certaines règles, qui me semblaient avant primordiales, sont maintenant logistiquement impossibles à appliquer. Par exemple, l’auteur d’un éditorial sur un sujet sensible ne devrait pas être le même que celui de l’article de nouvelles sur le même sujet. Si pour des raisons d’horaire, je me retrouve à couvrir un événement qui soulève une problématique cruciale pour la communauté francophone, devrais-je m’empêcher de traiter de cette problématique dans mon éditorial ? Ainsi, portant plusieurs chapeaux, je dois jongler avec les responsabilités et les codes d’éthique propres à chacun d’eux. Mais comme me le faisait remarquer quelqu’un qui m’est proche, c’est ce qui rend notre métier intéressant.

Vous avez peut-être vu passer une annonce pour notre activité de la Semaine de l’immigration francophone de l’Alberta, Gardiens d’histoires… Dans le calendrier d’activités, ça n’en disait pas long : « Venez raconter votre histoire au bureau du Franco ». En effet, il ne s’agit que de ça. Pour cette activité – qui, comme je vais vous l’expliquer, se veut un projet à long terme –, il s’agit de s’éloigner quelque peu des directives du journalisme pour revenir aux sources de ce qu’est l’histoire orale, dans la grande tradition du journaliste radio américain Studs Terkel.

« Les participants donnent à l’ACFA le mandat de continuer à travailler à l’obtention de la gouvernance du Collège francophone. »

C’est ainsi que se lit la proposition amenée en assemblée générale par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) et non soumise au vote puisque « de consensus ». Toutes les propositions issues des ateliers lors du Congrès annuel de la francophonie ont fait « consensus ».

Ce mot écrit noir sur blanc sur le tableau m’a frappée, surtout par rapport aux ateliers auxquels j’ai assisté. Celui du rapport du Réseau en immigration francophone de l’Alberta (RIFA) a démontré que personne ne s’entendait sur 1. l’utilité du RIFA, 2. les termes employés pour parler des différents groupes socioculturels qui constituent la francophonie albertaine, 3. ce qu’on doit faire avec les immigrants. (Je le dis comme ça parce que pour moi, quand on essaie de changer le discours public, il faut pouvoir appeler un chat un chat.)

Pourquoi passer par un autre média quand on a une tribune dans le sien? C’est ce que je me suis dit après avoir vu le téléjournal Alberta du 9 octobre. Ce qui devait être un topo sur la nécessité de donner au Fonds du Franco pour assurer sa survie à long terme a été tronqué comme soundbite local ajouté en fin de reportage sur une Conférence internationale sur les médias francophones à Montréal.

Déception, je dois le dire, mais  j’ai parfois tendance à oublier les exigences de la télé. Je vais donc vous expliquer aujourd’hui ce que je voulais pouvoir vous communiquer alors.

Le Fonds du Franco existe depuis l’année dernière seulement. Lorsqu’il a été créé, vous êtes nombreux à avoir donné très généreusement, et je vous demande de le faire à nouveau pour que la communauté francophone du futur puisse, comme vous, profiter d’une source d’information en français de proximité et indépendante.

Cette semaine, avec un journal bien rempli de mots (peut-être un peu trop, à vous de me le dire),  j’ai l’envie de vous parler de la délicatesse dont nous devons faire preuve dans notre travail de journalistes au Franco.

Nous portons plusieurs chapeaux à cause de la petitesse de notre équipe. Petite mais invincible, nous voulons bien le croire parfois. Pourtant, il est difficile de se surveiller mutuellement, et d’avoir la distance nécessaire pour s’assurer de la rigueur de nos propos.

Nous faisons du mieux que nous pouvons, et une solution à ce problème est de parler au plus grand nombre de sources possibles, surtout dans des dossiers sensibles comme celui du Centre de santé Saint-Thomas.

Pourtant, il n’en demeure pas moins difficile de faire la part des choses… mais aussi de poser toutes les bonnes questions. En écoutant la tribune téléphonique à l’émission Le Midi 30, sur les ondes d’Ici Première, lundi 6 octobre, je me suis d’abord rongé les sangs de ne pas avoir posé la question d’un des auditeurs : « Pourquoi est-ce que la communauté n’a pas été informée (des démarches qu’a entreprises le CA du CSST auprès du groupe catholique Covenant Care) ?

Les modes de communication politique sont étranges vus de l’extérieur. Pourquoi est-ce que le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration au Canada, Chris Alexander, a-t-il choisi la séquence et le moment pour faire les deux dernières annonces en matière d’immigration francophone hors-Québec ?

Difficile de penser qu’il a voulu dorer la pilule puisque le contraste entre l’une et l’autre (9 septembre : le ministre s’engage à accroître l’immigration francophone hors-Québec et à consulter les provinces à cet effet.  - 16 septembre : le ministre annonce l’abolition du programme Avantage significatif francophone) a été idéal pour un réaction en force dans les médias de la part des organismes concernés.

L’abolition du programme a été en effet une surprise pour les entreprises et les organisations qui travaillent au développement économique de la province, notamment le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) qui avait le vent dans les voiles au niveau du recrutement de travailleurs qualifiés francophones à l’étranger (et dans les autres provinces d’ailleurs).


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