La ville de Québec et Calgary aimeraient pousser plus loin leur collaboration et leur jumelage, en insistant désormais sur des partenariats économiques.

 

Les deux villes jumelées sont fières de leur amitié qui dure déjà depuis 58 ans, et souhaitent renforcer leur alliance économique. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, était à Québec début février pour assister au déjeuner western du Stampede, donné chaque année dans le cadre du Carnaval de la capitale québécoise.

Luc Lacasse a conduit une pelleteuse pendant deux semaines sur le site d’un puits de pétrole, à deux heures au nord-ouest de Grande Prairie.

 

« C’est pas fait pour tout le monde », affirme Luc Lacasse en racontant le quotidien des hommes qui vivent sur les puits de pétrole. Cet entrepreneur travaille habituellement dans la construction et la rénovation, mais il vient de réaliser un contrat de deux semaines sur un petit puits de pétrole près de Dawson Creek, en Colombie-Britannique. Un ami québécois sous-contractant pour les « compagnies d’huile » lui a donné le tuyau.

Sur place, une cinquantaine d’employés s’affairent autour du derrick et de sa perceuse qui descend à plusieurs kilomètres de profondeur en quête de l’or noir. Les ‘‘shifts’’ classiques durent douze heures, de sept du matin à sept du soir et inversement. Le bruyant moteur diesel alimentant la foreuse ne s’arrête jamais. Mais en tant qu’ancien camionneur, Luc n’a pas de mal à s’endormir. Au volant de sa pelleteuse, il transporte des produits chimiques ou des boues de forage trois heures par jour. Et le reste du temps ? « Je regarde la télévision et je vais sur internet avec mon téléphone. »

Dopée depuis des décennies par le dynamisme des secteurs du pétrole, du gaz et de la foresterie, Grande Prairie possède un grand pouvoir d’attraction. Si les opportunités d’emplois sont bien réelles, l’intégration n’est pas toujours simple pour les nouveaux arrivants, notamment les francophones.

« Il faut arrêter le rêve de l’eldorado, ce n’est pas le tapis rouge ici », explique Michelle Margarit, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta de Grande Prairie et conseillère à l’emploi.

Koffi Kouadio (sur la photo avec sa femme) peut en témoigner. Cet ingénieur diplômé au Québec n’a pas encore trouvé d’emploi à la hauteur de sa formation. En arrivant à Grande Prairie, il a travaillé sur des chantiers de construction pour « payer les factures et nourrir la famille ». Il n’a aujourd’hui plus d’ouvrage et sa femme Élisabeth Katchié doit rester à la maison s’occuper de leur dernier enfant, trop jeune pour aller à la garderie. « Les médias internationaux ne montrent que les côtés positifs [du Canada] et pas les difficultés », estime M. Kouadio. « Quand je dis [à ma famille restée en Côte d’Ivoire] que je n’ai pas un rond, ils ne me croient pas ! », ajoute Mme Katchié. La communauté ivoirienne les aide à tenir.

Du 28 au 30 janvier se tenait le Winter Cities Shake-Up au centre de conférences Shaw d’Edmonton. Des conférenciers du monde entier se sont réunis pour tenter d’imaginer la ville hivernale du futur. Le Québécois Pierre Labrie était parmi eux.

« Nous avons de grands festivals d’hiver, le ski alpin et le ski de fond, le patinage, la luge et de nombreuses autres activités. En tant que plus grande ville septentrionale du continent, Edmonton devrait en toute logique devenir une ville hivernale de renom. » Voilà ce que déclarait Stephen Mandel, ex-maire d’Edmonton, en préambule du document intitulé « For the love of winter – Strategy for transforming Edmonton into a world-leading winter city » diffusé en 2012.

D’autres villes donnent l’exemple, comme Copenhague (Danemark) et ses patios extérieurs ouverts toute l’année grâce à la présence de couvertures et de radiateurs, ou encore Kemi (Finlande), où les pistes cyclables sont déblayées dès 6h du matin après une chute de neige. Edmonton est-elle sur la bonne voie ?

« On voit que depuis trois ans, il s’est fait un excellent travail de planification, assure Pierre Labrie (photo), directeur de l’office de tourisme de Québec pendant presque 20 ans et invité du Winter Cities Shake-Up 2015. Ici à Edmonton, c’est un plan de match qui couvre tous les aspects de la vie en hiver : on parle de design urbain, de transports, d’animations, de signalisation, de lumières, d’évènementiel. […] Edmonton est probablement la première ville canadienne à avoir fait une démarche aussi rigoureuse et aussi inclusive. »

L’Université de l’Alberta a annoncé que la fermeture de la librairie Le Carrefour à La Cité francophone aurait lieu fin juin 2015. Celle-ci continuera cependant à offrir ses services en ligne.

« On n’a tout simplement pas le financement possible pour continuer d’offrir les services à La Cité francophone », affirme le bibliothécaire en chef de l’Université de l’Alberta, Gerald Beasley. Le doyen du Campus Saint-Jean (CSJ), Pierre-Yves Mocquais, précise que « les pertes sèches étaient extrêmement élevées, 40 000 $ par mois. » M. Beasley estime avoir amplement consulté la communauté francophone à ce sujet. Il était d’ailleurs présent au Congrès annuel de la francophonie albertaine en octobre, où les besoins pour des services en ligne plus approfondis avaient été discutés lors d’un atelier.

Afin de maintenir la librairie ouverte 7 jours sur 7, et d’effectuer une refonte des services, qui selon le bibliothécaire profiterontà tout l’Ouest canadien, un site internet bilingue était de mise. « Nous sommes très conscient sque nous sommes la dernière librairie francophone dans l’Ouest du Canada et c’est pour cette raison que nous voulons servir une communauté la plus élargie que possible », explique Gerald Beasley. Le site web sera lancé avant la fermeture du local actuel, prévue en juin 2015. Il s’agira d’un site de l’Université de l’Alberta.


Citoyenneté et immigration Canada (CIC) a lancé le système Entrée express pour le recrutement d’immigrants économiques le 1er janvier. Cette procédure de sélection des candidats omet d’adresser les besoins spéciaux des communautés francophones.

« Entrée express, c’est pas la panacée comme on nous l’a dit parce qu’il n’y a rien dans ce système-là qui fait la promotion des communautés », maintient la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenny. En effet, Entrée express n’est pas un nouveau programme ayant le potentiel de venir pallier à l’abolition du programme Avantage significatif francophone en septembre dernier. Il s’agit plutôt d’une procédure plus efficace pour le gouvernement fédéral de gérer la réception des demandes d’immigration en ligne. Il aurait l’atout d’accélérer le processus d’obtention de la résidence permanente – pour les plus méritants (selon le système de points de CIC).

Assez confortablement perché à 105 $ le baril en juin dernier, le prix du pétrole n’a depuis cessé de chuter pour tomber à 75 $ début novembre. À quoi doivent s’attendre les Albertains dans les mois qui viennent ?

Dans son discours du Trône du lundi 17 novembre, le gouvernement de l’Alberta a promis de maintenir « de faibles taxes et aucune taxe de vente », sans évoquer l’avenir de l’impôt sur le revenu au taux fixe de 10%, en dépit d’une importante baisse de revenus liée à la chute des cours du pétrole. Depuis juin, le prix du baril est passé de 105 à 75 $. Un manque à gagner non négligeable pour la province qui, en 2013, avait récupéré 9,6 milliards de dollars de redevances, soit environ un quart de son budget total.

L’opposition n’a pas manqué de critiquer la dépendance de l’Alberta vis-à-vis du pétrole qui va la pousser à s’endetter davantage et le risque, selon Rachel Notley, la chef du Nouveau Parti démocratique de l’Alberta, de déboucher sur des « compressions à un réseau d’éducation et à un système de santé qui sont déjà en difficulté ».

Pour la première fois de son Histoire, la ville de Calgary a présenté un budget municipal établi sur quatre ans, de 2015 à 2018. De nombreux projets sont prévus, entraînant une augmentation des frais pour les habitants de la ville. Le conseil municipal statuera sur ce plan d’ici la fin du mois.

 

Les Calgaréens vont devoir mettre davantage la main à la poche dans les prochaines années. C’est en effet ce que prévoit le plan d’action financier pour la période 2015-2018, présenté ce mois-ci par la ville. Les frais de services liés au drainage, à l’eau, aux égouts, au recyclage, mais aussi aux frais de transports en commun vont augmenter. Le forfait mensuel, qui est actuellement vendu au prix de 96 dollars, devrait coûter  107 dollars dans quatre ans, et le ticket passera de 3 à 3,35 dollars. Les impôts fonciers, levier financier essentiel pour la ville, augmenteront probablement de 4,7 % en 2015, et d’autant chaque année qui suivra.

 

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, a récemment recommandé aux jeunes chômeurs du pays de ne pas hésiter à faire du bénévolat en attendant de trouver un travail rémunéré. Donner de son temps gratuitement est effectivement valorisé, mais qu’est-ce que cela apporte du point de vue professionnel, notamment aux immigrants ? Le bénévolat n’est-il bon que pour l’économie du Canada ou également pour ses habitants ?

 

Le bénévolat et ses nombreux atouts

 

Mathilde Denier et Fanny Ratisseau ont plusieurs points communs : elles sont toutes les deux Françaises, elles ont choisi de s’installer à Calgary, et avant de trouver un emploi elles ont décidé de valoriser leur temps libre en faisant du bénévolat.

Le Conseil de développement économique de l’Alberta tenait le 7 et 8 novembre son Rendez-vous économique annuel. L’évènement a permis de faire venir en Alberta une douzaine de conférenciers de renom. Ceux-ci ont enjoint les participants d’embrasser le changement et même d’être en avance sur celui-ci pour réussir en affaires. Le Franco fait un compte-rendu de la journée de samedi.

 

Séverine Arnaud


8h30 Séverine Arnaud : osez grand et passez à l’action

Séverine Arnaud est la fondatrice d’AltaVista Consulting, une agence de marketing et de développement d’entreprise, et présidente de la Chambre de commerce de Vancouver. Elle a fait un portrait de l’entreprenariat comme étant de plus en plus compétitif, dû à l’écartèlement des frontières et l’afflux d’information et de contenu. Pour être prêt à se lancer en affaires ou à faire croître son entreprise, il faut s’entrainer « comme pour un match de boxe », dit la femme d’affaires, anticiper les stratégies de son adversaire et saisir les opportunités avant eux.

La clé, c’est le leadership. La définition du leadership ? « Mobiliser les énergies dans le but de réaliser une action collective ». Il faut donc impliquer et développer le leadership de ses troupes. Autre conseil de la conférencière qui a lancé le bal du Rendez-vous économique samedi matin : « L’échec est le fondement de la réussite ». Et pour illustrer ce propos, Mme Arnaud a fait un exposé des icônes du succès comme nous le voyons aujourd’hui, telles Albert Einstein, Michael Jordan, les Beatles, Steve Jobs, qui ont tous essuyé des échecs avant de se relever.

Enfin, Séverine Arnaud a raconté à la foule l’histoire de l’éléphant énorme, qui n’est retenu dans le zoo que par un petit piquet. Puisqu’il a été habitué depuis tout petit à y rester accroché, la taille ne fait pas de différence. En affaires, il faut se départir de cette mentalité, ne pas avoir peur de prendre des risques et surtout innover.


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