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Albertains, Ontariens : Francophones unis avant tout

En réaction aux décisions politiques du premier ministre de l’Ontario Doug Ford, les francophones et francophiles d’Alberta étaient appelés à se réunir à la Rotonde de la Cité francophone vendredi 30 novembre. Organisée par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) provinciale, cette manifestation fait partie d’une chaîne de solidarité nationale pour les Franco-Ontariens.

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En rupture avec ses promesses électorales, le gouvernement progressiste-conservateur de M. Ford a décidé d’annuler le financement du projet d’Université de langue française en Ontario. Dans la foulée, il a annoncé la suppression du Commissariat aux services en français. Pourquoi ces revirements soudains sans consultation des organismes francophones ?

La faute imputée au large déficit financier de la province est difficilement acceptée lorsque l’on sait que ce projet ne représentait environ que 15 millions de dollars sur un déficit de près de 18 milliards de dollars.

Brigitte Etien fiere dadresser des messages de soutien aux Franco OntariensUn élan de solidarité nationale

Une trentaine de personnes étaient réunies à la Cité francophone en acte de solidarité avec les Franco-Albertains. Elles étaient invitées à se prendre en photo avec des affiches contenant des messages de soutien aux francophones d’Ontario puis à partager ces photos sur les réseaux sociaux avec les mots-clés #onfr #frab. Elles pouvaient aussi signer un livre d’or qui sera envoyé à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Pas moins de neuf provinces auront connu ce type de manifestations. Cet élan de solidarité montre qu’au-delà de la question de l’université et du rôle du commissariat, c’est toute la francophonie qui se sent attaquée. Si les manifestations se sont déclinées de différentes façons, elles avaient bien un but commun : signifier qu’une limite avait été franchie dont tous les francophones et francophiles canadiens se sentent les défenseurs.

En Ontario, près de 15 000 personnes sont sorties exprimer leur désaccord, dont 5 000 réunies devant le monument aux droits humains à Ottawa. C’est le record de la plus grosse manifestation en Ontario français. Réparties sur 38 sites, ces manifestations ont pour la plupart pris la forme de marches devant les bureaux de circonscriptions des députés du parti conservateur de M. Doug.

Informer et jouer sur la pression électorale

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), était aussi présent au Comité des finances et des affaires économiques de l’Ontario ce lundi 3 décembre. Devant les députés présents de différents partis, il s’agissait avant tout pour lui de « continuer à mettre la pression sur le gouvernement, et de continuer à informer les députés qui souvent ne connaissent pas le dossier ».

Avec plus de 740 000  francophones en Ontario, l’AFO compte bien insister sur le poids électoral que cela représente. Les Franco-Ontariens sont ainsi incités à contacter leurs députés avant le 6 décembre pour leur faire savoir leurs revendications. Vincent Tremblay, journaliste et animateur sur une radio locale d’Edmonton, souligne la menace politique : « C’est la même décision qu’avait pris Mike Harris d’enlever l’Hôpital Montfort. Tout ce que ça a fait, c’est qu’il est tombé comme Doug Ford va tomber ».

Vincent Tremblay et David Redmond signant le livre dor destine a lAssemblee nationale dOntarioLa crainte d’un effet domino des acquis francophones

Si cette décision a pu être prise en Ontario où la minorité francophone est la plus nombreuse, l’appréhension d’une contagion est palpable. Le président de l’ACFA provinciale, Marc Arnal, insiste sur cette vulnérabilité : « Les seules protections constitutionnelles que nous avons sont au niveau de l’article 23 et des écoles francophones. A part ça, au niveau postsecondaire ou des écoles d’immersion, nous n’avons aucune protection. Nous dépendons beaucoup des bonnes volontés des gouvernements en place ».

Roma Newcombe, professeure de français retraitée, a tenu à venir participer à la mobilisation organisée à la Cité francophone. Elle se souvient de ce droit d’apprendre en français difficilement acquis : « Moi, quand j’allais à l’école, nous étions permis une heure de français par jour et on était surveillés de très près. Quand je suis allée à l’université, j’ai dû travailler fort pour apprendre le français ». Au-delà de l’Alberta, elle a conscience que ce droit chèrement défendu n’est pourtant jamais encore vraiment acquis en milieu minoritaire.

Comme elle, Mama Kone, travaillant au Réseau santé albertain, rappelle que « le français est la deuxième langue du Canada, on ne doit pas avoir honte de le parler. Je suis touchée par ce problème en Ontario, ça va peut-être nous toucher un jour en Alberta. ».

Roma Newcombe fiere dadresser des messages de soutien aux Franco OntariensEt si on retournait la situation ?

Originaire du Québec, David Redmond, animateur sur une radio locale d’Edmonton, se souvient d’avoir découvert la difficulté de l’accès à des services en français en arrivant à Moncton. Pour lui, la meilleure manière de faire comprendre le sentiment de frustration des Franco-Ontariens, est de retourner la situation : « Comment réagirait M. Ford si, du jour au lendemain, une université anglophone perdait tout financement au Québec ? Comment pense-t-il qu’un anglophone unilingue pourrait se sentir au Québec s’il ne trouvait pas de services en anglais? ».

Pour Brigitte Etien, membre de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA), il s’agit d’abord de rester positive : «  C’est vrai qu’au plan national les statistiques montrent que le français est en déclin, mais pour l’Alberta c’est plutôt le contraire. Il y a un flux migratoire de francophones qui augmentent de jour en jour ».

Attaquée en Ontario, c’est la communauté francophone canadienne toute entière qui se sent menacée. Consciente que l’union fait la force, c’est ainsi qu’elle compte continuer à défendre ses droits.


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